ryokan Kyoto
Kyoto

Une nuit au ryokan Yadoya Manjiro

Passer une nuit dans un ryokan faisait partie de ma « to-do list » lors de mes vacances au Japon. J’ai donc profité de mon séjour à Kyoto pour passer une nuit (et quelle nuit !) au Yadoya Manjiro, une auberge traditionnelle japonaise située dans le quartier Higashiyama.

Dormir à la japonaise

Passer une nuit dans un ryokan, c’est plonger dans le Japon traditionnel. Et s’éloigner des chambres d’hôtel standardisées qu’on peut trouver dans le monde entier. Avant de préparer mes vacances au Japon, je dois avouer que je n’avais aucune idée de ce qu’était un ryokan. C’est en feuilletant mon guide de voyage que j’ai découvert l’existence de ces auberges traditionnelles japonaises. Dès lors, il était impensable pour moi de ne pas y passer au moins une nuit lors de mon séjour au pays du Soleil-Levant.

Le Japon compte environ 70 000 ryokans, selon l’Office National du Tourisme Japonais. S’il y a de nombreuses disparités entre les ryokans, la majorité des auberges propose de dormir dans une chambre traditionnelle. Vous passerez donc la nuit sur un futon déroulé avant l’heure du coucher sur un tatami. La chambre comprend également une table basse sur laquelle vous pourrez déguster votre petit-déjeuner ou votre dîner. Les portes sont remplacées par des « shoji », des cloisons coulissantes faites de bois et de papier de riz.

Les prix des nuits en ryokan sont très variés et dépendent du standing de l’établissement. Pour Kyoto, par exemple, il faudra débourser une cinquantaine d’euros pour dormir au Ryokan Yamazaki. La note sera plus salée au Kurama Onsen puisque la nuit y est facturée environ 300 euros ! Certains ryokans possèdent un « onsen », bain thermal japonais où l’on peut se détendre après une journée passée à crapahuter en plein soleil. D’autres établissements comportent des restaurants ou proposent des repas servis dans la chambre.

ryokan Yadoya Manjiro Kyoto
Le ryokan Yadoya Manjiro, une oasis de tranquillité au cœur de Kyoto.

Un havre de paix au cœur de Kyoto

Et maintenant, place à mon expérience au ryokan Yadoya Manjiro ! C’est en comparant les avis de voyageurs sur « TripAdvisor » que j’ai entendu parler de ce ryokan situé dans le quartier Higashiyama, à Kyoto. Les commentaires étaient tous dithyrambiques et les critères qui m’importaient le plus étaient tous remplis. Selon les précédents clients, le ryokan était propre, il était tranquille, l’accueil y était excellent et il était situé à proximité de sites intéressants. Attention ! La nuit n’y est pas donnée mais il s’agit d’un établissement d’un certain standing et les prestations proposées justifient, à mon avis, les tarifs pratiqués. Je n’y ai donc passé qu’une nuit, ma dernière sur Kyoto histoire de clôturer mon séjour en beauté.

Avant de séjourner au Yadoya Manjiro, j’ai passé quelques nuits dans une auberge de jeunesse du centre de Kyoto. Pour me rendre à l’auberge, les propriétaires m’avaient conseillé de prendre un taxi. En effet, ils m’avaient expliqué que le ryokan pouvait être difficile à trouver et qu’il était situé dans un quartier pentu. J’ai donc suivi leur conseil et je n’ai pas regretté. Je pense que j’aurais eu beaucoup de difficultés à traîner ma valise (aka la moitié de ma maison) jusqu’au ryokan. Rien qu’en arrivant dans le quartier Higashiyama, j’ai eu l’impression de découvrir une autre facette de Kyoto. Il s’agit d’un quartier traditionnel, pentu, constitué d’un dédale de petites ruelles pavées où se succèdent les maisons en bois. Je suis arrivée beaucoup plus tôt que prévu à l’auberge. Et je n’ai pas été déçue par mon arrivée au ryokan Yadoya Manjiro.

Rien qu’en poussant la porte du jardin, j’ai été saisie par la beauté et la tranquillité du lieu. Cette impression ne s’est pas démentie tout le long de mon court séjour à l’auberge. Se réveiller vêtu de son yukata, pousser la cloison qui protège la fenêtre, admirer le jardin, la pluie qui tombe à verse, écouter le ruissellement de l’eau accompagné du pépiement des oiseaux… Dans ce ryokan, j’ai eu la sensation que le temps s’était arrêté. Un luxe dans mon petit train de vie hyper connecté.

Cerise sur le gâteau ; la séance photo en costume traditionnel !

Un accueil plus qu’attentionné

Ce que je retiendrai du ryokan Yadoya Manjiro sera, sans aucun doute, la gentillesse et la prévenance de mes hôtes. Mon arrivée à l’auberge a été beaucoup plus matinale que prévue. Passée la surprise de me voir débarquer de bon matin, les propriétaires du ryokan, un père et son fils, m’ont offert une tasse de thé (matcha, of course !) accompagnée d’une petite sucrerie. Comme ma chambre n’était pas encore prête (ce qui est normal puisqu’il était 10h et que j’étais censée arriver aux alentours de 15h), je leur ai confié ma valise et je suis partie déambuler dans le quartier.

A mon retour, j’ai déposé mes chaussures dans l’entrée, chaussé les pantoufles mises à ma disposition et j’ai suivi le propriétaire pour une petite visite des lieux. Le ryokan ne comporte que deux chambres, ce qui garantit un calme et une tranquillité incomparables. Ma chambre, ou plutôt mon mini-appartement, occupait tout l’étage. L’immense pièce qui faisait office de chambre comportait une partie salon, une pièce où installer le futon pour dormir et une partie salle à manger. Le tout climatisé, ce qui est bien utile au mois de juillet ! Enfin, il y avait une salle de bains traditionnelle, c’est-à-dire une partie où prendre sa douche, assis sur un tabouret, et une baignoire à utiliser après s’être lavé.

Séance photo en habit traditionnel

J’ai discuté avec le fils du propriétaire pour obtenir des informations sur le quartier de Gion où je voulais aller me promener. En rentrant, en milieu de soirée, mon hôte m’attendait pour me souhaiter bonne nuit et m’offrir un petit dessert : des fruits frais et un petit gâteau traditionnel. Il s’est assuré que tout allait bien et que je n’avais plus besoin de lui avant d’aller se coucher. Le lendemain matin, j’ai pu profiter d’une séance photo en habit traditionnel. Le propriétaire du ryokan, accompagné d’une jeune femme, m’ont présenté une multitude de kimonos tous plus beaux les uns que les autres. Après avoir hésité un moment, mon choix s’est porté sur un kimono dans les tons or et rouge. La jeune femme m’a aidée à enfiler le kimono, puis, a attaché mon obi. Moi qui ai du mal à me tenir bien droite, je peux dire que le obi, quand il est bien serré, est une solution radicale ! Les propriétaires avaient aussi prévu des tabi (chaussettes séparant le gros orteil des autres doigts de pied) et une paire de geta (sandales traditionnelles en bois).

Une fois vêtue de ma tenue traditionnelle, j’ai eu droit à une séance photo, dans les règles de l’art ! Car les propriétaires du ryokan Yadoya Manjiro ne rigolaient pas avec le cadre et la pose ! Ils avaient prévu plusieurs accessoires : éventail, tasse, ombrelle… Et ils avaient une idée bien précise des poses ou de la gestuelle que je devais avoir. J’ai tenté de reproduire fidèlement ce qu’ils me montraient et j’ai passé un superbe moment ! Aujourd’hui encore, je ne peux m’empêcher de sourire en regardant les photos prises lors de cette séance de pose. Pas parce que certaines photos sont un peu kitsch mais parce qu’elles me rappellent des moments de partage, d’échange et de rire, dans l’intimité d’une famille japonaise. Une expérience d’autant plus précieuse qu’elle n’est pas si courante au Japon…

 

A proximité

– Le temple Kiyomizu-dera
– Le quartier de Sannenzaka (petites ruelles pavées bordées de maisons traditionnelles abritant des boutiques de souvenirs, des magasins d’artisanat…)
– Le quartier de Gion (l’un des plus anciens quartiers de Kyoto, connu pour être le quartier des geishas)

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