canicule japonaise
Japon

Comment survivre à la canicule japonaise

On l’a vu, juillet n’est sans doute pas le meilleur mois pour découvrir le Japon ! Mais il est parfois difficile de trouver le créneau idéal pour visiter l’archipel dans des conditions optimales. Si vous n’avez pas d’autres possibilités que celle de partir en pleine canicule, voici quelques conseils pour survivre à la canicule japonaise :

S’hydrater

On nous le rabâche à chaque épisode de forte chaleur : il faut boire (de l’eau, parce que le saké, ça ne marche pas !) régulièrement. Surprise de taille : en cas de canicule, au Japon, et bien, il faut faire la même chose ! Un conseil évident mais qui permet d’éviter les coups de chaleur. Dans l’archipel, il est plutôt facile de s’hydrater régulièrement puisqu’on trouve des distributeurs automatiques de boissons absolument partout.

L’occasion de joindre l’utile à l’agréable et de tester les différentes boissons proposées. Eaux aromatisées, jus, thés… De nombreuses boissons ont des saveurs originales qu’on ne trouve qu’au Japon. J’ai profité de mes vacances pour goûter au maximum de boissons (et d’aliments) parfumés au thé matcha et au sakura.

Et pas besoin d’avoir forcément de la monnaie à disposition puisque la plupart des distributeurs acceptent les paiements par Pasmo ou Suica (cartes à puce utilisées pour payer dans les transports mais aussi dans les commerces). Pensez aussi aux konbinis, ces supérettes de quartier ouvertes en continu. Ils vous permettront de faire le plein de boissons ou de crèmes glacées.

S'hydrater est une nécessité durant la canicule japonaise.
S'hydrater, oui, mais en buvant du thé matcha !

Miser sur les « activités d’intérieur »

Il ne s’agit pas de rester calfeutré, collé au climatiseur (même si, en pleine canicule japonaise, la tentation est forte…) ! Mais alterner les visites en extérieur et les activités effectuées dans des espaces climatisés est une option judicieuse. Je suis une adepte des visites de musées (quoi de mieux pour découvrir l’histoire et la culture d’un pays ?) et j’avais établi une liste de musées à ne pas manquer bien avant mon arrivée au Japon.

J’étais impatiente de visiter l’Ukiyo-e Ota Museum, consacré aux estampes, ou le musée de Shitamachi, qui permet de plonger dans la vie quotidienne des Japonais à l’époque Edo… Mais d’autres visites se sont… imposées à moi ! En clair, il faisait tellement chaud que j’avais désespérément besoin d’un endroit climatisé où me reposer un moment !

Cela a notamment été le cas à Nara, la ville connue pour ses daims qui circulent en liberté. Je me suis donc retrouvée à visiter plusieurs musées, dont une exposition sur… la broderie japonaise ! Sans doute pas le moment le plus inoubliable de mon séjour. Mais cette visite m’aura permis de me rafraîchir tout en faisant le plein d’informations sur un sujet plutôt insolite.

Autres possibilités ? Assister à un acte d’un spectacle de kabuki, le théâtre traditionnel japonais, au théâtre Kabuki-Za de Ginga. Il est aussi possible de participer à des ateliers comme ceux organisés par l’Arts Council Tokyo Traditional Culture Program. Les activités proposées sont nombreuses et s’adressent même aux enfants : cours de danse, de calligraphie, réalisation d’une lanterne, cérémonie du thé ou spectacle de geisha…

privilégier les activités d'intérieur pendant la canicule japonaise
Assister à un spectacle de danse organisé par le Arts Council Tokyo Traditional Culture Program, c'est se cultiver tout en échappant à la canicule japonaise !

Prendre les transports en commun

Lorsque je pars en vacances, j’aime déambuler à pied. C’est en s’éloignant des lieux touristiques qu’on peut réellement s’imprégner de l’atmosphère d’un pays. Se promener sans but, prendre le temps de se perdre permet souvent de faire de belles découvertes, hors des sentiers battus. Pourtant, lors de mon séjour au Japon, j’ai rapidement dû écourter mes petites marches quotidiennes.

Je me souviens particulièrement d’un coup de chaud à Yanaka. J’avais décidé de me balader dans ce quartier traditionnel de Tokyo, histoire de m’éloigner un peu des gratte-ciel et de l’agitation. Sauf que se promener à 13h en plein cagnard n’est pas l’idée la plus heureuse qui soit ! Je chemine sous un soleil de plomb, dans des rues désertes (parce que les Japonais, eux, ils ont bien compris que quand il fait 40°, on évite de faire des promenades à midi) et je finis avec une migraine carabinée, obligée de trouver un lieu climatisé où me rafraîchir.

J’ai bien retenu la leçon et les jours suivants, j’ai privilégié les déplacements en métro pour me rendre d’un site à un autre. Pas la solution la plus économique ni la plus intéressante, en termes de découvertes touristiques… Mais elle m’a permis d’éviter le malaise causé par la déshydratation en plein milieu des vacances. A Kyoto, j’ai beaucoup circulé en métro et en bus.

Il ne s’agit pas, pour autant, de renoncer à tout déplacement à pied. Mieux vaut privilégier certaines heures pour les promenades ou les randonnées. Marcher tôt le matin ou à partir de 17h, en fin de journée, permet d’éviter les heures où l’ensoleillement est le plus important. Cela permet aussi d’éviter la foule sur les sites touristiques les plus populaires.

se promener en soirée pour survivre à la canicule japonaise
Se promener dans le quartier de Gion à la tombée de la nuit permet d'éviter la foule et les températures extrêmes.

S’équiper

Les indispensables ? Crème solaire, casquette ou chapeau, lunettes de soleil… Et du déodorant ! Pourquoi ? Parce que les Asiatiques transpirent peu et que les déodorants disponibles au Japon ne sont pas vraiment efficaces sur nous, qui transpirons à grosses gouttes dès que le thermomètre dépasse les 25° (je ne l’ai pas inventé, c’est scientifique, la preuve dans cet article de L’Express).

En pleine canicule japonaise, j’ai terminé toutes mes journées dans un état lamentable : t-shirt trempé de sueur, cheveux plaqués sur le front, pieds humides dans mes baskets et odeurs corporelles pas top… A côté de moi, des Japonais frais comme des gardons, sans même une mini-auréole sous les bras ! Autant dire que j’étais plus qu’envieuse ! Maigre consolation : à chaque fois que j’ai croisé des touristes, ils étaient dans le même état que moi. Ce qui m’a un peu rassurée !

Les Nippons sont très bien équipés pour affronter la chaleur de l’été. Beaucoup de femmes s’abritent sous une ombrelle ou portent de grandes capelines pour protéger leur peau du soleil. Certaines sortent même l’artillerie lourde pour survivre à la canicule japonaise. J’ai vu des femmes avec des manchons sur les bras, d’autres avec des sortes de visières intégrales (un peu du même genre que les protections que portent les policiers dans les manifestations).

Il faut dire qu’au Japon, le culte de la blancheur est une réalité. Dans chaque parfumerie ou parapharmacie visitée, impossible de manquer le rayon consacré aux produits éclaircissants. Une pratique culturelle, certes. Mais, pour moi qui ai la peau noire, faire face à des rayons remplis de produits « blanchissants » est une expérience un peu étrange.

Les vêtements ont aussi leur importance. Certaines personnes privilégient les habits respirants pour éviter de se retrouver toutes trempées à cause de la transpiration. Dans tous les cas, n’oubliez pas d’emmener une veste légère ou un petit châle. La plupart des bâtiments sont fortement climatisés et vous risquez d’attraper la grippe du siècle… alors qu’il fait 40° à l’extérieur !

Jardin japonais Kyoto
Les Japonais, élégants et raffinés, même en pleine canicule !